Alors qu’à peine cinq malheureuses semaines s’étaient écoulées depuis le séisme sonore de magnitude 6,2 (sur l’échelle du Noise) qui avait secoué les murs du Brin de Zinc le 07 Septembre dernier – dont vous pouvez retrouver la review en cliquant ici -, les sales gosses de chez John&Salomé remettaient le couvert le 13 Octobre dans leur fief Savoyard pour un événement sobrement intitulé « L’Ultra Noise Night » (traduisez : « Tout le monde n’en est pas sorti vivant »).

 

Récidive Brin de Zinciène du Glitch Rock Show de septembre, l’Ultra Noise Night s’était donné comme objectif assumé de conforter sa position de distributeur Leader d’acouphènes de qualité supérieure sur le territoire du carrefour Alpin de l’Europe. Pour ce faire avaient été appelés à la barre des cadors du genre, les lyonnais de Noyades, dont l’Acid Hard a d’ores-et-déjà fait ses preuves au sein d’une myriade de salles plus ou moins obscures de notre cher hexagone. Beaucoup moins hexagonaux mais plutôt voisins de palier, les jeunes musiciens Italiens de Flying Disk étaient également présents ce soir-là pour présenter leur Furious Noise Rock. Flying Disk que nous aurons eu le plaisir de recevoir pour ce qui aura été leur toute première date hors de leur Italie natale, et ça comme on dit dans le milieu : « c’est cool ! »…

 

Flying Disk donc, prend la forme d’un power trio « Basse / Batterie / Guitare » composé des jeunes musiciens (respectivement Lucas, Enrico et Simone) originaires de Fossano, au Sud de Turin. Si le jeune âge des membres du groupe a de quoi faire naître quelques sourires aux coins des visages de vieux hard-rockeurs barbus, leur musique, elle, ne souffre d’aucune prématurité. Le son est lourd et les musiciens s’approprient facilement l’espace scénique.

Sans sauter partout à la manière de cafards sous extasie, les membres de Flying Disk transmettent tout de même une énergie assez communicative. La voix de Simone, oscillant entre éraillement caractéristique et envolées claires empruntées au Punk-Rock se démarque correctement de l’instrumentation et restera globalement bien maîtrisée sur la totalité du Set.

 

Les riffs sont entraînants et les compositions s’adonnent ça-et-là à quelques montées instrumentales bienvenues permettant de construire une identité sonore propre au groupe. Quelques décalages rythmiques pointeront le bout de leur nez au cours de cette presque heure de performance, sans que cela ne vienne menacer l’immersion du public dans la musique du Trio. Si l’on a d’abord supposé que ces quelques « pains » pouvait venir de la  disposition assez surnaturelle des cymbales du batteur (montées très TRÈS hautes sur leur pieds, ce qui demande au batteur de doubler voire tripler l’amplitude de ses mouvements pour atteindre chaque cymbales, Charleston compris), en réalité on apprendra plus tard que ces quelques erreurs de placement étaient dû à l’arrivée toute nouvelle d’Enrico au sein de la formation (quelques semaines à peine) et donc à sa période de rodage des morceaux.

 

 

On pourra également regretter un certain manque d’aisance dans les transitions des morceaux du groupe, parfois précipitées parfois peu lisibles, ce qui déclenchera à l’occasion une petite incompréhension de la part des spectateurs. Au-delà de ces quelques considérations, Flying Disk a su montrer au public du Brin de Zinc que toute la jeunesse n’est pas molle du genou, et qu’ils avaient de l’énergie à revendre.

 

Pose – Bière – Clope – Changement de plateau

« Le concert redémaaaaaaaaarre !! »

 

Après une courte pose le signal est lancé aux clopeurs invétérés, Noyades commence son set sur scène. Le trio Lyonnais a déjà fait ses armes dans le milieu du Noise et les attentes des chevelus présents au Brin de Zinc ce soir-là étaient grandes. Également organisé en trio Basse / Bat / Guitare, Noyades se démarquait de leurs homologues Italiens par leur choix d’un musique instrumentale, sans chant ou paroles d’aucune sorte. Cette esthétique instrumentale suppose que le groupe redouble de soin et d’attention par rapport à la construction de leur univers sonore puisque rien ne vient couvrir la musique.

 

Et du soin, ceux qui connaissent déjà Noyades savent qu’ils en ont en stock. La nuance et le doigté des musiciens est au cœur du processus créatif du groupe et il est assez rafraîchissant de constater autant de légèreté dans l’interprétation d’une musique si massive (vous suivez ?).

 

Techniquement impeccable,  Noyades a officiellement déclaré la guerre au silence en formant un pacte tacite avec quelques larsens dissidents. Toutefois, cela ne les empêchera pas de faire venir très vite au sein de leur set des mouvements plus calmes et aériens, comme autant d’annonciateurs d’une apocalypse acoustique à venir. Sur scène l’anarchie est quasi-totale durant une grande majorité du set. Cheveux longs transpirants collés aux visages, visages eux-mêmes rivés sur leurs pédales-board, la posture des membres du groupe semble s’épanouir dans une certaine forme de nonchalance à la sauce Noise. On épuisera pratiquement l’éventail des différentes distorsion et saturation des sons au cours de cette performance, la guitare et la basse pouvant se laisser aller librement à l’interprétation de leurs caprices sonores les plus audacieux tandis que le batteur restera de bout en bout absolument incroyable de précision et de constance (#chapeau!).

 

Aucun doute sur le fait que cette bande d’énergumène considère la scène et le public comme un défouloir des plus jouissifs. L’aisance des membres de Noyades sur les planches leur confère aussi instantanément qu’unanimement un statut mérité de bêtes de scène. Gourmands dans leurs influences, Noyades emprunte autant au Rock qu’au Métal ou au Prog afin d’accoucher de leur propre tambouille. Un amour de la croisée des styles qui pourrait presque rivaliser avec leur amour de la bière, dont les cadavres victimes s’accumuleront sur scène au fil du set.

 

Au final, il semble difficile de savoir qui des artistes ou du public se sera défoulé le plus au cours de ces quelques heures de Noise contenus dans les murs du Brin de Zinc ce soir-là. On est tenté de dire que tout le monde était heureux de sa soirée et est rentré se coucher le sourire aux lèvres d’avoir (re)découverts des artistes vibrants pour leur art. Et comme l’a dit (plus ou moins) justement l’écrivain Français julien Gracq : “Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation”, ce qui nous arrange bien !

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