Une fois que les excellents Saint Sadrill et Leïla Huissoud eurent fini leurs offices, ce fut au tour de PRATOS de monter sur le ring musical du Marché Gare pour y déployer ce que le groupe définit lui-même comme une furie stellaire instrumentale. Organisés en trio guitare/ clavier/ batterie, les Lyonnais de PRATOS pratiquent la Transe rock. «Des claviers cosmiques propulsent une furieuse batterie assaillie par les cris stridents d’une guitare », l’analyse que la formation livre d’elle-même est pertinente, et, peut-être renforcée par le caractère plus léger des deux groupes ayant foulés les planches avant eux, la fièvre qui s’est emparée simultanément des musiciens de PRATOS et de leur public fut palpable. Comme la tempête après le calme, la formation est venue secouer les murs du Marché Gare. Que l’on se reconnaisse ou non des affinités avec l’univers musical de PRATOS, on ne peut que reconnaitre l’énergie émanent de ces fonds de distorsion latents, du chevauchement des sonorités Rock, Électro et 8-bits du trio.

PRATOS est, pour quiconque se trouverait dans leurs champs d’action, une invitation au défoulement. Les tympans perforés par les claviers lunaires accompagneront les suées dorsales portées par les rythmiques empruntées aux musiques électroniques. Les musiciens se donnent, semblent vouloir livrer plus qu’ils n’ont afin de marquer l’auditoire. Des crispations faciales du claviériste à l’énergie d’un batteur qui finira son set en jouant de la batterie debout (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup, RIP), tout le set de PRATOS marche à l’adrénaline. Sans micros sur scène, le groupe fait le choix, opposé à celui de Leïla Huissoud, de ne pas briser le quatrième mur avec son public. Et puisque les prises de paroles ne pourront être entreprises pour briser la glace d’un Marché Gare déjà bien réchauffé, les membres de PRATOS n’auront « que » leurs larges sourires sincères à offrir en pâture à leur public enthousiaste.

 

Peut-être d’une légère fragilité par rapport aux deux précédents passages, le set de PRATOS aura tout de même mis une belle claque cosmique aux amateurs de space-opéras psychotropés qui seraient tombés dans la marmite étant petits. Un Kick solidement vissé sur le temps et en avant, en un rien de temps le PRATOS spaceship avait terminé son voyage et disparu de la scène, très probablement vers d’autres systèmes lointains encore inexplorés.

Crédit photo : Laurie Diaz

 

C’est enfin Parquet qui montera en dernier sur scène pour une ultime séance de déhanchements sévèrement désarticulés. Le quintet guitares/basse/clavier/batterie aurait de prime abord des atomes crochus avec la musique de PRATOS, en tout cas c’est ce que l’on pourrait penser dans un jugement hâtif que l’on construirait en se disant que tout ça de toute façon, ce n’est que de la musique instrumentale qui essaye de faire de l’Électro. Seulement voilà, les musiciens de Praquet sont loin, loin mais alors loin devant les considérations sceptiques que l’auditeur un peu fébrile de la calebasse pourrait mijoter en son for intérieur. C’est d’ailleurs précisément là que se joue le nerf de la guerre entreprise par Parquet : votre for intérieur, le groupe est résolu de le prendre d’assaut ! Bruististes et contemporains, Trance, 8-bits, Dub ou Dancefloor, rien n’arrêtera la machine Parquet de vous marcher dessus.

 

Forts d’une mise en place impeccable (et je tiens à relever l’emphase sur ce mot, impeccable), les cinq musiciens pratiquent le laisser-aller avec une précision micro-chirurgicale. Le pont tendu vers le public est mis en place immédiatement après l’arrivée des premières notes et Parquet s’occupe de la bonne tenue de ses fondations comme un seul homme. Comme les trances savent si bien le faire, c’est de la redondance dans les sonorités et de la progression dans la structure que naîtra l’état quasi-second immergeant les hémisphères droit des individus désormais hameçonnés.

Le rituel électronique avancera bon train et sans relâchement durant la totalité du set de Parquet, qui, loin de se contenter de quelques références plaisantes à son univers de prédilection, offrira un show abouti aux aspects multiples, aussi improbables que rafraîchissants et, n’ayons pas peur des mots : jouissifs !

 

Une fois le tonnerre vrombissant des applaudissements revenu à l’état de silence satisfait, le public du Marché Gare n’a plus eu qu’à tranquillement regagner ses quartiers citadins. Repus par la qualité et l’éclectisme de la programmation ayant défilée pour le plus grand bonheur de nos yeux et de nos oreilles, nous avons fait de même. La question resta en tête plusieurs jours durant : « comment réussir une sélection objectivement juste sur un plateau aussi éclaté musicalement parlant ? ». Le résultat de ces auditions apportera peut-être un semblant de réponse.

 

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