A l’occasion de leur performance le 13 Octobre dernier lors de l’Ultra Noise Night de John & Salomé au Brin de Zinc de Chambéry – dont les retardataires pourront retrouver la review en cliquant ici – le jeune groupe Italien FLYING DISK a accepté de se prêter au jeu de l’interview afin d’évoquer plus en détail leur art ainsi que l’environnement culturel dans lequel cette formation évolue.

Un entretien tout en détente afin de faire plus ample connaissance avec ces voisins dont on partage au moins l’amour du Noise et du Rock en général. Une petite discussion sans prétention qui, on l’espère, comblera autant le lecteur qu’elle aura fait suer les personnes qui se seront chargé de la retranscrire sur papier.

 

 

J&S (John&Salomé) : Commençons par le début pour celles et ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, est-ce que vous pouvez nous parler de votre musique ?

FD (Fying Disk) : Bien sûr ! On s’appelle Fying Disk, on est un groupe Italien de Noise Rock, avec des influences clairement empruntées au Stoner, au Punk, au Hardcore et plus généralement très orienté vers les styles musicaux “Heavy”.  On existe depuis 2010, on a commencé par jouer du Punk-Rock et on a beaucoup évolué depuis, dans notre style mais aussi dans nos membres puisque notre premier batteur a été remplacé l’année dernière par Enrico (là c’est le moment ou l’imagination débordante du lecteur s’imagine Enrico) et ce dernier a pas mal fait évoluer notre manière de jouer et de composer. On a l’impression que notre musique est désormais plus simple et directe qu’elle ne l’était auparavant, avec un aspect plus “en plein dans ta gueule” si l’on peut dire. On lorgne aujourd’hui beaucoup du côté du MathRock, et on est de plus en plus influencé par la musique des années 90. Et on est content de la direction dans laquelle on semble se diriger.

Quand on a commencé le groupe, Lucas (basse) n’avait encore que 16 ans, c’est le plus jeune du groupe. On vient de Fossano, au Sud de Turin, une petite ville qui abrite un certain nombre de groupes de Stoner et de Hardcore. C’est une petite province mais bizarrement il y a beaucoup de groupes qui naissent là-bas. A part ça il n’y a guère que des fermes et des usines dans le coin…

 

J&S : Du coup où avez-vous commencé à vous produire en concert ?

FD: Notre tout premier concert on l’a fait dans un bled encore plus petit que Fossano ! C’était dans un bar tout chelou… On a aussi beaucoup joué dans des squats autour de chez nous. En Italie c’est très commun de jouer dans des squats un peu au hasard. Après on a quand même rapidement dû bouger un peu partout dans le pays pour pouvoir se faire programmer dans des salles. Ce n’est pas que notre région manque d’endroits où jouer, c’est plutôt qu’une majorité d’entres elles préfèrent programmer des styles plus calme que notre musique, comme la Pop Italienne par exemple.

 

J&S : Ce soir vous jouez en France. Combien de temps allez-vous rester ?

FD : On est en France pour 3 concerts. Initialement on en avait prévu 5, mais Enrico a rejoins le groupe récemment et il doit encore se faire à nos morceaux, on a donc décidé d’annuler deux dates pour cette fois. Ce soir on est au Brin de Zinc,  demain on va jouer à Lyon et ensuite direction Besançon avant de revenir en Italie. C’est la première fois qu’on traverse une frontière pour aller présenter notre musique, on est donc en pleine découverte de lieux et de langues toutes bizarres ! Dans le futur on a très envie de tourner un peu partout en Europe car l’Italie ne nous laisse finalement que peu d’opportunités. On veut découvrir les salles de Belgique, de France, de Suisse, d’Allemagne, de Hollande etc. ça nous donne plus envie que des pays comme l’Espagne par exemple, qui est dans une situation économique difficile un peu similaire à celle en Italie et qui offre peu d’opportunités à l’épanouissement de la musique live underground.

J&S : Est-ce que cette difficulté à vous produire en Live vous incite à vous concentrer plus sur l’enregistrement et la sortie d’albums pour diffuser votre musique ?

FD : On a effectivement prévu d’enregistrer de nouveaux morceaux rapidement, grâce à l’aide de notre ami et ingénieur du son Francesco (là c’est le moment où l’imagination toujours débordante du lecteur visualise l’ami et ingénieur du son Francesco). Ce soir on va jouer un set entier de nouvelles chansons qui on l’espère se retrouveront sur une galette très prochainement.

On a déjà fait le test de jouer ces nouvelles chansons sur scène et elles fonctionnent bien, reste à savoir si elles sonneront sur un enregistrement. Notre dernier album date d’il y a maintenant 4 ans, il est grand temps de produire des nouveaux sons !

 

J&S : Vous avez toujours travaillé de manière indépendante n’est-ce pas ?

FD: Absolument ! Notre premier album est une co-production de 8 ou 9 labels ! Simone (Chant / Guitare) a son propre label, Brigante Records, qui a participé à la réalisation de cet album. En Italie on peut retrouver ce type de petits labels absolument partout. L’un s’occupe d’enregistrer les morceaux tandis que d’autres produisent des vidéos clips, s’occupent du pressage, de la diffusion etc. C’est comme ça que tu finis avec 9 labels crédités sur ton CD, c’est l’attitude Do It Yourself !

 

J&S : Est-ce qu’il en sera de même pour le prochain album ?

FD: Sans l’ombre d’un doute ! Et il sera carrément meilleur que le précédent, que ce soit en terme de composition, de production et même de la tournée qui en découlera. Notre musique est plus mature aujourd’hui et on a réellement envie de transmettre cette énergie nouvelle dans notre prochain album. Surtout maintenant que notre nouveau batteur est en place !

 

J&S : Vous êtes tous les trois des musiciens de longue date ?

FD : Oui, on a appris la musique ensemble dans la petite école de musique de Fossano pendant plus de dix ans. Aujourd’hui on a tous un travail en dehors de nos activités musicales. Lucas et moi (Simone) travaillons en tant qu’éducateurs sociaux et Enrico est infirmier. En Italie, devenir musicien professionnel dans un style de musique comme le nôtre c’est quasiment mission impossible ! Ou alors il faut s’entourer d’un manager, d’un producteur etc. Pour nous ça n’a jamais été une nécessité, on joue la musique qu’on aime, on met toutes nos tripes dedans et on se débrouille pour gérer nous même tous les aspects de la production. On ne joue pas pour s’attirer le succès, la musique est la seule raison d’être de Flying Disk. C’est ce qu’on est et c’est ce qu’on restera, peut importe la taille de la salle ou le nombre de personnes présentes à nos concerts.

 

J&S : Merci infiniment pour ces quelques mots, bonne continuation à vous et au plaisir de vous revoir chez nous pour de nouvelles aventures Noise !

FD : Merci beaucoup à toute l’équipe de John & Salomé, ça aura été un plaisir d’être ici avec vous ce soir !

Propos recueillis, traduits et retranscrits par Martin Roignot

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