Amis de petit lait auditif, en cette fin d’année 2017 les observateurs internationaux et la rédaction de TF1 sont formels : les Français sont en retard pour les cadeaux de Noël. Une nouvelle de premier plan, ô combien empreinte d’hypocrisie consumériste, et qui n’a d’égal que la paresse à déguiser la farce sur-jouée des réjouissances conventionnelles qui puisent leurs racines dans une tradition devenue aussi obscure que convenue.

Ceci dit, il est et demeure des raisons inaltérables de se laisser gagner par l’euphorie de la fin d’année, et ces quelques lignes ont pour but de détailler l’une d’entre elles : la sortie du 1er album de Korto !

 

« Korto est un moteur diesel lancé sans pitié sur l’autoroute d’un kraut rock supersonique, pacsé au space punk et drogué à la synthèse pop. Porté par un basse/batterie brûlant, entre rouleau compresseur psychédélique et afro beat, une guitare acide ou gracieuse et un chant nonchalant souvent en nappes feutrées, le trio se détache des étiquettes douteuses : il n’est pas héritier d’une époque ou d’un mouvement, mais plutôt d’une image à laquelle on donne carte blanche.

Korto est un bolide à 3 roues qui conjugue le temps qui passe au futur, prône la gratuité des transports en commun et ne prend pas de dessert au restaurant. Il inviterait Turing Machine, The Ex, The Young Gods, Goat ou encore Fela Kuti pour un plat du jour dans un routier, et partirait sans payer. »

 

 

Qu’on se le dise, toute tentative de décrire de la démarche artistique du jeune trio haut-savoyard aura du mal à être plus en accord avec les quelques lignes ci-dessus écrites des mains mêmes des artistes en question. Épinglé tantôt entre Kraut Rock, Afro Pop, Motorik Shoegaze ou Space Punk selon les affinités de chaque auditeur, il semble demeurer une constante unanime au sujet de ce 1er album : Noël est en avance cette année et c’est Korto qui régale !

Déjà relayé par un certain nombre d’oreilles attentives parmi lesquelles on citera celles de New Noise Magazine, Rad-Yaute, Foutraque ou encore Soil Chroniques, ce premier album sorti le 17 Novembre dernier chez Six Tonnes de Chair Records a eu tôt fait d’ébranler le petit monde de la musique indépendante hexagonale. Faisant suite à un EP présenté à la même époque un an plus tôt, le trio Korto trace son chemin à travers sa jungle musicale personnelle.

Mais alors Quid de la musique en elle-même ? « Is it a bird ? Noooooo ! Is it a plane ? Noooooo ! It’s god damn Korto !! ». Une écoute préliminaire semble confirmer autant la diversité des influences que la cohérence du résultat. Ouvert sur le titre « Hot Rock », les premières notes de cette galette font la part belle aux mélodies fortes et chargées de personnalité. Balance constante entre une section basse/bat forgée dans la montagne du destin et un guitare/chant tournant en planeur au-dessus de la torpeur sonore, ce premier titre est annonciateur de la recette du groupe, sans pour autant vous donner tous les goûts dans la bouche d’un coup. Une sorte d’apéro musical si l’on peut dire.

Au terme des 7 titres couchés sur cet album unique en son genre, l’auditeur sera amené à ruminer plusieurs réflexions parmi lesquelles la plus certainement évidente : 7 titres ça passe tellement vite !… Un sentiment mué par l’envie de continuer ad vitam aeternam le festin auditif tout en reconnaissant qu’on a déjà bien mangé. Rien ne manque à la légitimité du trio après ces quelques 35 minutes de musique, de l’intention dans la lisibilité rythmique (chaque titre est un meilleur exemple que l’autre pour illustrer cette maîtrise du temps) à la rondeur inspirée des lignes mélodiques complices de la basse et de la guitare. Le travail du chant, très aérien et légèrement en retrait du mix, finira de marquer la dualité de la musique du trio. La tête dans les nuages et les pieds cloués au sol, c’est dans le psychédélisme de l’entre-deux que s’illustre l’univers de Korto.

Si l’on peut parfois se sentir légitimement frileux face aux premières productions des jeunes groupes indé, force est de constater que Korto – Self-Titled n’a aucun mal à désamorcer les réticences potentielles qu’un esprit peut parfois développer à l’égard de la nouveauté (qu’elle soit musicale ou pas). Enregistré, mixé et coproduit d’une main de maître par Franck Molin au K7 studio de Chambéry et mis en valeur par l’Artwork de Jean Marconi (alias Chufy), cet album est une perle, une papillote, un cadeau en avance. Pour nous autres chez John&Salomé le verdict est sans appel : c’est bon, c’est bon !! On ne saurais que trop vous inviter à faire cadeau de cette superbe galette pour les fêtes (non, on ne perd pas le Nord !) en visitant ici notre boutique en ligne.

Ces quelques lignes maintenant écrites, il est temps d’aller s’occuper des cadeaux de Noël ! Incroyable comme nous sommes à la bourre cette année…

 

 

Fermer le menu
×
×

Panier