Ceux qui suivent assidûment les élucubrations écrites sur le Blog de John & Salomé n’auront pas manqué de s’enthousiasmer, il y a de ça un an et demi, de la sortie du titre “There’s a bad man” des Lyonnais de Don Glow sur un split d’une qualité irréfutable partagé avec les copains non-moins qualitatifs de Korto (à retrouver ici). De notre côté, amoureux du Rock avec un grand “R” que nous sommes, l’annonce du premier LP de la formation a résonné tel un Noël en Février ! Il faut dire que le groupe, voué à l’expérience rock débraillé et psychédélique, suintait, déjà à l’époque, d’un potentiel débordant et d’une hargne ravageuse.

Voilà pour l’intro. Maintenant, et comme le disaient si biens Les Inconnus : “On écoute on en parle après”.

Don Glow – “The Intention Flow” : Clique ici pour écouter, oui oui oui !!

“There’s a bad man”, 1er single de la formation (que l’on retrouve d’ailleurs au milieu de leur nouvelle galette) mettait déjà les deux pieds dans le plat Rock n’ Roll. Court mais intense, comme le sont les meilleures performances tous domaines confondus, “There’s a bad man” avait de quoi titiller les oreilles dans le sens des tympans. Un grain bien crade, une batterie bucheronnée, un chant au fond des chaussettes et des solos qui rappelaient aux jeunots que nous sommes des temps que nous n’avons pas connus. Toute la recette de Don Glow venait s’affaler dans votre lobe frontal pour y boire un verre et fumer une clope.

“The Intention Flow”, c’est le grand frère, celui qui a mué et qui a décidé de mener sa vie par les cornes. On retrouve dès les premières notes l’esthétique propre au trio. La production est clean et bien équilibrée, offrant à l’auditeur un rendu dans lequel il sera facile de s’installer, puis de se perdre. Encore une occasion de saluer le travail du K7 Studio de Chambéry et du Mikrokosm de Lyon, maîtres de chantier du LP, qui ne cessent de prouver, chacun, l’étendue de leurs ressources. “The Intention Flow” fait la part belle à la formule (gagnante ?) du groupe. Le chant du frontman n’a pas quitté le nid douillet de ses chaussettes, et l’on se délecte de cette façon qu’a le musicien de chanter en traînant la patte, qu’on imagine titubant essayant d’envoyer sa grolle dans la tronche d’une bouche d’égout qui lui aurait manqué de respect. Les compositions de l’album sont également pour la basse l’opportunité de venir mettre son grain de sel.

Si le terme “grunge” n’existait pas, on aurait pu parler de sonorités brouillons. Seulement voilà, les Don Glow ont du bagage et, mine de rien, maîtrisent les codes du genre. Des titres tels que “Change’s alright” amènent les musiciens à fleurter avec des inspirations Surf Rock qui viennent grossir le spectre de ce que le trio peut proposer en terme d’univers sonore.

Difficilement définissable en soi et infiniment jubilatoire, il y a fort à parier qu’avec “The Intention Flow”, le groupe poussera les murs pour se frayer un chemin vers les pogos les plus enjoués de 2018. Rythmiquement aussi sobre qu’intelligent et musicalement fort (émotionnellement hein, pas seulement dans les enceintes), l’album parviens à séduire notamment grâce à cette manière qu’on eu les musiciens de ne cesser de se compléter les uns les autres, sans vouloir faire dans l’esbroufe ni dans la pâle copie de leurs idoles. On a envie de se racler la gorge en entendant les envolées éraillées du chant, on se régale des cris de douleur d’une guitare solo torturée avec amour pour le bien du larsen dissident.

Don Glow a décidé de ne ménager rien ni personne pour sa première production. Au casque dans un lit, en voiture sur la route des fromages ou en Live dans un rade qui pue la bière et le tabac froid, “The Intention Flow” saura vous accompagner et vous rappeler en toute circonstance que non, le Rock n’est pas mort, et que la nouvelle génération est bien déterminée à lui faire vivre de nombreuses décennies de vie tumultueuse et désarticulée.

Une fois n’étant pas coutume, c’est par les mots même du trio que l’on clôturera cette aparté Rock n’ Roll :

« Partant de l’hypothèse simple selon laquelle la rencontre de plusieurs sources sonores poussées à leur intensité critique créerait une distorsion spatio-temporelle capable d’engendrer un champs gravitationnel propre, un lieu à l’intérieur du lieu, imaginez des différentiels de pression d’où s’échappent des vents de vitesses quasi mystiques qui par friction de particules humides en présence donnent naissance à la lumière d’un feu électrique que le physicien Karl Wiener caractérise comme le « WeiBglut der leere » plus communément appelé « Glow » ou « Principe d’incandescence du vide ».

C’est bon c’est bon !!

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